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Historique des techniques d'impression

Depuis l’invention des caractères mobiles par Gutenberg (1455) jusqu’à +-1880, la conception d’un imprimé est un travail assez long à mettre en œuvre…

Jusqu’à +- 1880, la composition des pages était du ressort de l’imprimeur-typographe qui patiemment alignait chacune des lettres métalliques en relief, formant ainsi ligne après ligne le texte qui allait finalement être imprimé sur les pages.
Les lignes sont d’abord créées sur un petit instrument portatif qu’on appelle le "composteur".

L’imprimeur compose le texte en prenant les caractères mobiles dans une caisse compartimentée posée sur un pupitre. Les caractères les plus souvent utilisés, les caractères minuscules, se situent dans les compartiments du bas afin de réduire le nombre de mouvements à effectuer pour les prendre. De cette époque il nous reste que les caractères minuscules sont appelés des "bas de casse" (lowercase), et les caractères majuscules des "haut de casse" (uppercase).

Entre deux lignes, l’imprimeur insère des réglettes métalliques afin de créer un interligne.
Tous les groupes de lignes qu’il a composées sont ensuite rassemblés en un "bloc", et afin de juger du résultat qu’il obtiendra lorsque le bloc sera passé en presse, l’imprimeur utilise un rouleau-encreur qui dépose de l’encre sur les caractères en relief, puis il dépose une feuille de papier sur le bloc pour que l’encre s’y transfère.

Lors de l’impression en presse, le résultat sera toutefois légèrement différent: la pression exercée par la presse sur le papier fera en sorte que chaque caractère imprimé écrasera la feuille et apparaîtra donc comme "creux"… C’est une caractéristique de l’impression avec des caractères en relief.
Après cette vérification, lorsqu’un bloc semble correct, il est rendu plus solide en le serrant dans une lanière métallique. Il va en effet devoir résister à la pression et à la friction inhérente au système d’impression sous presse.

Plusieurs blocs sont disposés dans la presse les uns à côté des autres pour créer une page.
Si l’imprimeur se rend compte à ce moment qu’il a fait une erreur, il peut encore la corriger, même juste avant d’imprimer : il faut qu’il se penche sur les blocs qui sont déjà disposés dans la presse, prêts à être imprimés et qu’il extraie un ou plusieurs des caractères mobiles pour le ou les remplacer par un ou plusieurs autre(s).

Parfois les blocs de texte créés avec des caractères mobiles étaient remplacés par des plaques en métal. Sur ces plaques le texte était également en relief, tout comme avec les caractères mobiles. Ces plaques étaient obtenues par moulage.

Les presses qui sont capables d’imprimer ces caractères en relief sont appelées des presses typographiques, ou "presses typo"

Il y a deux sortes de presses typographiques :

  • les presses à platine (en anglais : "platen press")
  • les presses à platine et cylindre (en anglais : "flatbed cylinder press")

Ces deux sortes de presses sont exclusivement alimentées en "feuille par feuille" (en anglais : sheet-fed presses), et non pas par une bobine de papier.
A coté de ces presses typographiques qui permettaient d’imprimer des blocs plats ou des plaques en métal, les presses rotatives (en anglais : "rotary press") ont été développées à partir de 1846. Ce sont des presses qui permettaient d’imprimer du texte qui était également en relief, tout comme avec les caractères mobiles, mais disposé cette fois sur un cylindre en métal. Ce cylindre était obtenu par moulage.

Ces presses avec cylindre en métal étaient plus appropriées à des impressions en un grand nombre d’exemplaires, car elles pouvaient être alimentées par une bobine de papier (en anglais : web-fed presses). Les premières imprimaient déjà jusqu’à 10.000 feuilles par heure.

Cependant, ces presses avec cylindre en métal pouvaient être également alimentées en "feuille par feuille" (en anglais : sheet-fed presses), tout comme les presses typographiques qui permettaient d’imprimer des blocs plats ou des plaques en métal.
Quelque soit la presse utilisée pour imprimer le texte en relief, et que ce soit avec des caractères mobiles ou avec des plaques obtenues par moulage, toute technique d’impression de texte en relief est répertoriée sous le nom de procédé "Letterpress".

L’impression des images,
jusqu’à +-1800…

Les plaques de métal sont gravées (en anglais : "Etching") au burin ou à l’acide. Elles sont gravées en creux  :

  • Création de l’image : les traits de l’image sont creusés dans la plaque, au burin ou à l’acide, et ils reçoivent l’encre
  • Impression de l’image : l’image n’est pas en relief, elle ne peut donc pas être imprimée sur la même page que le texte qui est en relief

Les plaques gravées sont imprimées sur des feuilles qui seront ensuite insérées entre les feuilles de texte au moment de la reliure.

Il n’est pas possible d’imprimer le texte et les images sur la même page, parce que les caractères du texte sont en relief, et que l’image n’est pas en relief, elle est en creux.

Jusqu’à +-1800, un artiste utilise des plaques de métal qu’il grave aux endroits où il veut voir apparaître un trait sur le document imprimé… L’artiste grave la plaque avec des burins de différentes dimensions. Il peut aussi vernir la plaque et utiliser une pointe en métal (qu’on appelle "pointe sèche") pour enlever le vernis à certains endroits, puis tremper cette plaque dans de l’acide pour la creuser là où le vernis ne la protège plus (l’acide s’appelle aussi de l’"eau forte", d’où le nom des gravures ainsi réalisées… des "Eaux-fortes").
Ces techniques de gravure sont regroupées sous le nom de "Intaglio" : Une gravure Intaglio désigne toujours une gravure avec laquelle les traits de l’image, les traits qui apporteront de l’encre sur le papier, sont gravés sous le niveau de la plaque.

Pour reproduire des niveaux de gris : l’artiste grave les unes à côté des autres des fines lignes. Ces lignes sont plus ou moins épaisses et plus ou moins espacées les unes des autres en fonction du niveau de gris à reproduire. Lorsque ces lignes, qui sont après impression noires sur le fond blanc du papier, sont vues à une certaine distance elles sont perçues comme une surface plus ou moins intense, unie ou en dégradé : c’est une illusion d’optique.

Actuellement il existe un module externe pour Photoshop® qui permet de recréer automatiquement ces lignes, et d’obtenir ainsi une image qui semble avoir été gravée avec des techniques anciennes. Ce module externe s’appelle Andromeda Screen®.

Avant l’impression, l’encre est déposée uniquement dans les traits qui ont été creusés dans la plaque, et le papier est poussé sous presse contre la plaque et il va chercher l’encre qui se trouve dans les creux.

Une autre forme de procédé de création d’image de type "Letterpress".

Rappel : quelque soit la presse utilisée pour imprimer le texte en relief, et que ce soit avec des caractères mobiles ou avec des plaques obtenues par moulage, toute technique d’impression de texte en relief est répertoriée sous le nom de procédé "Letterpress".

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