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Des systèmes mécaniques apparaissent vers 1880 pour automatiser partiellement la création des lignes qui servent à recréer différents niveaux de gris : lignes plus ou moins épaisses et plus ou moins espacées les unes des autres suivant le niveau de gris à reproduire

Lorsque ces lignes sont visualisées à une certaine distance sur le fond blanc du papier, elles sont perçues comme une surface plus ou moins intense, en dégradé ou unie  : c’est une illusion d’optique.

On retrouve donc un résultat similaire à ce que les artistes produisaient laborieusement à la main avant l’invention de la lithographie (1798).
Certaines de ces machines sont exposées au Musée des Techniques (Musée des arts et Métiers) à Paris.
De nos jours on retrouve ces lignes sur les billets de banque.

Avec le procédé d’impression lithographique, pour la première fois les parties qui reçoivent l’encre sont sur le même plan que les parties qui ne reçoivent pas l’encre. On dit que la lithographie est un procédé "planographique".

Il n’est pas possible d’imprimer le texte et les images sur la même page, parce que les caractères du texte sont en relief, et que l’image n’est pas en relief, elle est plate. Les épreuves lithographiques sont donc imprimées pleine page, sur des feuilles qui seront ensuite insérées entre les feuilles de texte au moment de la reliure.

L’artiste qui réalise une lithographie dessine avec un crayon gras sur une pierre calcaire plate (lithos = pierre). Il faut remarquer que l’artiste ne grave pas la pierre : la technique de la lithographie n’est pas à proprement parler une technique de gravure. On dit pourtant que la lithographie est une technique "de gravure". C’est uniquement parce que cela a pour vocation de remplacer la gravure manuelle des plaques.

Pour reproduire des niveaux de gris : l’artiste ne doit plus avoir recours à de fines lignes juxtaposées les unes contre les autres comme il le faisait auparavant avec les plaques en métal gravées manuellement. C’est la quantité de crayon gras à un endroit de la pierre qui va influencer la quantité d’encre qui se trouvera à cet endroit sur le papier. Cela permet à l’artiste d’exprimer une sensibilité dans ses traits, sans être trop soumis à des contraintes techniques.

1) La pierre est mouillée avant qu’on ne l’imprime. Là où les traits que l’artiste a dessiné se trouvent l’eau ne reste pas, car ces traits sont gras et que l’eau est repoussée par le gras.
2) De l’encre grasse est étalée sur la pierre…
3) Là où l’eau se trouve l’encre ne se dépose pas car l’eau s’y trouve et repousse l’encre qui est grasse.
4) Là où les traits gras se trouvent l’encre se dépose.
5) La pierre passe en presse avec une feuille de papier… L’image s’y imprime.

Donc, cette technique est basée sur l’antagonisme de l’eau et de la graisse. Cela préfigure le procédé d’impression offset qui apparaîtra bien plus tard et qui lui aussi est basé sur l’antagonisme de l’eau et de la graisse, nous en reparlerons.

Lorsque les pierres lithographiques sont de grandes dimensions, il est possible de réaliser des affiches. Les caractères sont dessinés sur la pierre, il ne s’agit donc pas d’écrire beaucoup de texte en petit, on parle ici de peu de texte en grand comme dans les affiches.

A l’apparition de la technique de la lithographie, des artistes ont pu créer des affiches, parfois même en couleurs en utilisant plusieurs pierres différentes et plusieurs encres pour imprimer sur une même feuille. On retiendra notamment le nom de l’artiste Toulouse-Lautrec, grand affichiste de l’époque fin du 19ème siècle.

On a découvert que l’image sur la pierre pouvait être transférée vers une plaque en métal qui serait utilisée pour réaliser l’impression. Le transfert de la pierre vers la plaque se faisait en utilisant un papier "starch-coasted".

Évolution de l’impression des images à partir de 1880

Les images sont reproduites par procédé photographique sur des plaques de métal sur lesquelles on a enduit un matériau photopolymère, un matériau photosensible qui durcit à la lumière. L’encre est déposée sur les parties supérieures de la plaque, pas dans les parties creuses…

  • Création de l’image : les traits de l’image sont en relief sur la plaque photopolymère
  • Impression de l’image : l’image est en relief, elle peut donc être éventuellement imprimée sur la même page que le texte qui lui aussi est en relief

Les techniques photographiques (la photographie : Niepce, 1829) sont utilisées pour permettre l’impression des images avec des plaques de métal sur lesquelles on a enduit un matériau photosensible qui durcit à la lumière. L’encre est déposée sur les parties supérieures de la plaque, pas dans les parties creusées. C’est l’apparition de ce qu’on appelle les techniques de "photogravure". De nos jours, le travail des images destinées à l’impression s’appelle encore la "photogravure".

Au début du 19ème siècle on avait découvert que certains matériaux, les matériaux polymères, se durcissent plus ou moins et deviennent insolubles en fonction de la quantité de lumière qu’ils reçoivent. De là on crée la plaque "photopolymère"… C’est une plaque de métal sur laquelle on a enduit un matériau photosensible qui durcit à la lumière.

Dans les années 1880 il est devenu possible de prendre un négatif photographique et de l’exposer sur une plaque photopolymère…

1) les traits qui doivent être noirs sur la feuille de papier imprimée sont blancs sur le négatif.
2) le négatif est disposé entre une source de lumière et la plaque photopolymère.
3) La lumière qui éclaire le négatif atteint la plaque photopolymère à l’endroit où les traits sont blancs sur le négatif.
4) Après un certain temps d’exposition les parties de la plaque qui n’ont pas été exposées à la lumière sont ensuite dissoutes : elles laissent place à des creux. Le parties durcies de la plaque ne se dissolvent pas et elles sont en relief : ce sont les traits à reproduire.
5) le dessus de la plaque est encrée, avec un rouleau-encreur.
6) La plaque est passée sous presse, l’image s’imprime en positif.
7) La plaque est en relief tout comme les caractères du texte. La plaque peut donc être positionnée avec le texte et être imprimée en même temps… On peut donc avoir du texte et des images sur la même feuille.

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